Un miroir pour 3 visages
Brobeck Jean-Paul

En promenant le chien,


Vanité des vanités
Tout n’est que vanité !


Il me semble que chaque être est constitué d’un savant mélange de cœur et de raison, de lucidité et de rêves, d’espoir et de désillusions, de fantasmes et de réalités.

Ce qui nous diffère, c’est le dosage. On possède un peu plus ou un peu moins et c’est là l’origine du kaléidoscope que constitue l’humanité.

Quand on est jeune, on s’apparente à une page blanche. Tout est possible, et la place ne manque pas.

Avec l’âge, la vie a dessiné ses traces et l’espace vierge se rétrécit. Alors on prend conscience de la valeur de ces surfaces encore blanches. On prend toute la mesure de la solennité de chaque instant.

Il faut apprendre à composer avec les possibles ; apprendre à savoureux la seconde qui s’enfuit, apprendre à fermer ses yeux sur toutes les imperfections que l’on croyait inadmissibles.

La vie : une construction d’un château de cartes. On sait dès le départ que cela finira mal et plus le château monte, plus dure sera la chute.

Alors, quand le coeur tient bon, on recommence. On se remet à poser les cartes les unes sur les autres. On se remet à espérer.

Oui, c’est l’espérance qui permet de survivre ; et quand elle vient à manquer, il faut avoir le courage de tout arrêter.


Alors on essaie de tenir le coup, parce qu’il y a le chien à promener, les plantes à arroser, le gazon qu’il faut tondre
Et toutes les obligations auxquelles il faut faire face.

Mais ce n’est qu’une illusion.
On se donne une importance en oubliant que

Vanité des vanités
Tout n’est que vanité.

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