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Solstice.
Si notre calendrier est émaillé de fêtes, ce nest pas pour faire joli, mais tout simplement parce que les fêtes viennent casser la routine, le train train quotidien.
Sans fêtes, sans dimanches, les jours seraient bien trop pareils. Alors dites-moi, se réjouir dans lattente de quoi ?
Il en est des fêtes comme des gens. Il en est de cossues, tout en étoiles, toute en lumière. Ce sont de fêtes qui ont pignon sur rue et personne ne saviserait à les oublier.
Il en existe dautres, plus modestes qui passent souvent inaperçues et qui semblent presque vous demander pardon.
Des fêtes, lHomme en a un grand besoin. Les fêtes sont une sorte dalternance : comme lalternance du jour et de la nuit, lalternance des jours de soleil et des jours de pluies.
« Öfter mal was neues »
disent nos cousins germains. Nous traduirons librement en disant : payez-vous de temps en temps un extra !
On ne peut quand même pas manger des frites tous les jours !
Cest le bon sens qui parle.
En ce moment, nous fêtons le solstice dhiver.
Vous savez, notre Terre a perdu la boule et au lieu de tourner bien rond, elle samuse à parcourir des ellipses.
Un coup, je me rapproche, un coup, je méloigne du soleil. Un peu comme les amoureux, juste suffisamment pour que lautre ne croit pas la partie gagnée une fois pour toutes.
Les certitudes, ça vous tue une vie.
Seul le doute est salutaire.
En ce moment donc, nous sommes en plein solstice. Cest le jour le plus court et par voie de conséquence logique, la nuit la plus longue.
Une nuit pour amoureux
Une nuit pour rêve
Une nuit où il fait bon de rester sous la couette
Mais ce qui compte, cest quà partir daujourdhui les jours vont se rallonger.
Oh ! tout dabord imperceptiblement. Comme en cachette, puis voyant que les gens sont heureux, les jours y vont franco. Et au printemps, nous ne gagnerons pas des secondes mais plus dune heure.
Faut-il donc atteindre le fond pour que tout redémarre ?
Faut-il que la nuit soit noire pour mieux apercevoir les étoiles ?
Faut-il plonger dans le désespoir pour que renaisse lespoir ?
Et le bonheur ne serait-il que lenfant du malheur ?
De toute façon, le soleil se moque bien de nos états dâme et il continue, je lespère encore pour longtemps, sa course folle qui compte notre temps.
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