Un miroir pour 3 visages
Brobeck Jean-Paul
Solstice.

Si notre calendrier est émaillé de fêtes, ce n’est pas pour faire joli, mais tout simplement parce que les fêtes viennent casser la routine, le train train quotidien.
Sans fêtes, sans dimanches, les jours seraient bien trop pareils. Alors dites-moi, se réjouir dans l’attente de quoi ?

Il en est des fêtes comme des gens. Il en est de cossues, tout en étoiles, toute en lumière. Ce sont de fêtes qui ont pignon sur rue et personne ne s’aviserait à les oublier.
Il en existe d’autres, plus modestes qui passent souvent inaperçues et qui semblent presque vous demander pardon.

Des fêtes, l’Homme en a un grand besoin. Les fêtes sont une sorte d’alternance : comme l’alternance du jour et de la nuit, l’alternance des jours de soleil et des jours de pluies.

« Öfter mal was neues »
disent nos cousins germains. Nous traduirons librement en disant : payez-vous de temps en temps un extra !
On ne peut quand même pas manger des frites tous les jours !
C’est le bon sens qui parle.

En ce moment, nous fêtons le solstice d’hiver.
Vous savez, notre Terre a perdu la boule et au lieu de tourner bien rond, elle s’amuse à parcourir des ellipses.
Un coup, je me rapproche, un coup, je m’éloigne du soleil. Un peu comme les amoureux, juste suffisamment pour que l’autre ne croit pas la partie gagnée une fois pour toutes.

Les certitudes, ça vous tue une vie.
Seul le doute est salutaire.

En ce moment donc, nous sommes en plein solstice. C’est le jour le plus court et par voie de conséquence logique, la nuit la plus longue.
Une nuit pour amoureux
Une nuit pour rêve
Une nuit où il fait bon de rester sous la couette

Mais ce qui compte, c’est qu’à partir d’aujourd’hui les jours vont se rallonger.
Oh ! tout d’abord imperceptiblement. Comme en cachette, puis voyant que les gens sont heureux, les jours y vont franco. Et au printemps, nous ne gagnerons pas des secondes mais plus d’une heure.


Faut-il donc atteindre le fond pour que tout redémarre ?
Faut-il que la nuit soit noire pour mieux apercevoir les étoiles ?
Faut-il plonger dans le désespoir pour que renaisse l’espoir ?
Et le bonheur ne serait-il que l’enfant du malheur ?

De toute façon, le soleil se moque bien de nos états d’âme et il continue, je l’espère encore pour longtemps, sa course folle qui compte notre temps.

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