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La tempête.
Novembre. Dehors, la nuit, le froid, la tempête. Il fait bon être chez soi, bien au chaud.
La télévision, comme chaque soir.
Brusquement, le noir ; le vent a dû arracher les fils. On sort les lampes de poche.
On retrouve les bougies, là-bas, au fond dun placard. Le cercle de famille se reforme autour de la table. Visages éclairés par la flamme tremblotante. Flamme vivante qui anime les fantômes sur les murs.
Les enfants découvrent la puissance dune simple bougie. Les adultes retrouvent leurs souvenirs. On évoque les veillées dautrefois, et je me souviens des histoires que racontait grand-père. Des histoires que lon se transmettait de génération en génération, et qui sont les vraies racines qui me rattachent au temps.
Jai grandi de veillée en veillée ; celles où lon dégustait le vin nouveau et les noix, et les autres qui font renaître lodeur des marrons grillés sur le feu de bois.
Flamme magique qui attire le regard, qui fait oublier le tic-tac régulier qui compte goutte à goutte notre temps.
Là-bas, sur son poteau, lhomme a rebranché les fils.
Un autre homme, quelque part, abaisse une manette.
On a tué la petite flamme éphémère.
Les souvenirs sont repartis se blottir au fond du coeur.
Je me surprends, parfois, à rêver de grandes tempêtes.
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