Un miroir pour 3 visages
Brobeck Jean-Paul
A une lettre près

La vie en commun exige le respect de quelques règles. Tenez, je prends les exemples de la grammaire et de l’orthographe.

« Ça y est : y va nous faire une leçon ! »

Et bien non, je n’en ai plus le cœur, mais je continue à penser que grammaire et orthographe sont indispensables pour hisser un dialecte au niveau d’une langue. C’est bien le problème que je rencontre quand je veux mettre sur papier quelques histoires de mon Alsace natale.

« Tu l’écris comme ça se prononce » : me disait l’autre jour un ami.
Je vous souhaite bien du plaisir à tenter l’expérience car les « d » se transforment comme par magie en « t » quand vous voyagez d’un village à un autre.

Un jour, j’étais de correction, quand un inspecteur de l’éducation nationale fit scandale en affirmant : « carotte avec un ou deux « t » ça se mange quand même." Ce jour-là, j’ai compris que je n’avais plus ma place dans le système scolaire.

Va pour carotte, clef ou clé, du moment qu’elle ouvre une porte. Moi, j’ai refermé celle de l’école derrière moi, une fois pour toutes.

Histoires de pinailleurs, de coupeurs de cheveux en quatre ( au fait pourquoi ne pas mettre une « s » à quatre, vu que c’est un pluriel ? L’important paraît-il c’est de ce faire comprendre. Alors va pour le langage MSN.

On va KC la lang fr.

Vous avez compris ?
C’est bien la preuve que l’orthographe est inutile !

Mais écoutez un instant.

Hier, j’ai fait opérer mon chien. Il est rentré groggy. Les paradis artificiels c’est pas son truc à lui. Nous avons passé une mauvaise nuit, blottis l’un contre l’autre. J’ai appris que l’on ne peut partager la douleur. Elle sera toujours plus forte que l’amour.

Ce matin, j’ai rappelé le vétérinaire.
Tout à l’heure, il viendra faire une piqûre à mon chien.

J’ai bien dit « une » piqûre et non « la » piqûre.

A vous de savoir l’importance que vous accordez à ce petit mot que l’on appelait jadis un article mais que la réforme ( la X° car quand on aime, on ne compte pas) appelle maintenant déterminant

Cela change tout.
Un ministre a donné son nom à une réforme.
Existe-t-il un honneur plus grand que de léguer son nom à la postérité ?

J’ai connu une flopé de ministres de l’Education nationale ; certains m’ont laissé le souvenir de véritables sinistres.

À une lettre près.
Mais vous aviez compris. Je n’en doute pas.

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