Brobeck Jean-Paul - Un miroir pour trois visages
Pourquoi ?


Au départ de cette chronique, il y a tout d’abord une évidence, tellement flagrante, qu’il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre :

« S’ Heimweh »
- le mal du pays.

Et bien oui, je dois l’admettre, je suis un de ces alsaciens qui, bien que conscients, doivent s’expatrier pour se rendre compte combien l’Alsace est un beau pays, et combien il est difficile de laisser derrière soi ses racines.

Moi, j’ai choisi librement de partir, mais pour me sentir un peu plus près de chez moi, j’ai emporté du :

« Mettwurscht et du Melfor »
- de la saucisse à tartiner et du vinaigre de miel.

Si ces deux produits viennent à manquer, je me sens perdu.

« S’Heimweh » oui, mais on finit toujours par s’acclimater.

Je vous parlerai ensuite de plaisir.
Le plaisir de donner la vie à des personnages, pas tout à fait inventés car ils ont existé quelque part.
Plaisir aussi de les pousser à faire les quatre cents coups que je regrette de ne pas avoir faits moi-même, à l’époque.
Une époque où j’étais trop timide ou trop sage.
Mais je commence à le regretter.

Plaisir enfin de partager, de transmettre, de trouver une place dans la tradition.
Car je voudrais que la mémoire survive.
Et, que le moment venu, si le corps lâche, l’esprit lui, continue.
L’esprit oui, mais le coeur aussi.

Surtout le coeur.


d’r Chambol.

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