|
|
|
|
|
SNeïjohr
La nouvelle année,
Faut vous dire que les fêtes de fin dannée, ce nest pas drôle du tout pour les estomacs.
Tout dabord, il y a le 24 au soir, puis le jour de Noël où le reçoit la famille. Ensuite il y a la Saint Etienne, le 26 décembre, où lon rend les visites. Il vous reste tout juste une toute petite semaine pour digérer. Ensuite, on remet ça de plus belle.
Noël est une fête de famille. On fête la Saint Sylvestre entre amis. Quand la maison est assez grande, on organise le réveillon à domicile sinon, on loue le « Bangala »
Le « Bangala » vous connaissez ?
Et bien en Alsace, lEglise a toujours occupé une place particulière. Noubliez pas que trois départements de lEst sont sous le Concordat. Les prêtres sont payés et létat met la main à la poche pour lentretien des églises.
La gestion de la paroisse est confiée à un « Conseil de fabrique » qui veille entre autres, à la vie socioculturelle et sportive.
Dans ce contexte-là, les Alsaciens ont une fois de plus, une longueur davance car dans presque chaque patelin on trouve une maison paroissiale, maison du peuple avant lâge,
« sBangala » quoi !
Le « Bangala » accueille la chorale, les répétitions de lharmonie municipale et lon y donne des représentations de théâtre en dialecte.
Mais, il est également possible de louer le « Bangala » et sa cuisine pour des fêtes de familles, mariages, anniversaires, ou fête de la Saint Sylvestre.
Cette année donc, je vous invite à fêter la Saint Sylvestre dans le « bangala ».
Faut vous dire que dans la cuisine, les bénévoles ont retroussé leurs manches. Certains préparent les hors-duvre. Dautres mettent tout leur cur à réaliser les desserts, pendant que Louis, le président et boucher par profession, sest attaqué au plat principal tout un gardant un il sur la bonne marche des affaires.
Cest ça, lesprit dentraide. Chacun apporte ce quil peut. On a mis en commun les dépenses et lon partage son savoir. SLouise na pas son pareil pour garnir les biscuits , dr Jean vous concocte une sangria dont vous me direz des nouvelles et les autres, les anonymes, les sans qualification se sont attaqués à la préparation de la salle et au dressage de la table.
On est là, on rit, on se serre les coudes, on se sent bien.
Vers 17 heures, les femmes rentrent se faire une beauté. Les hommes restent encore un instant pour boire un coup entre eux.
La fête commence vers vingt heures. Ces dames ont mis leurs plus beaux atours. Les messieurs sont venus en costumes cravate, mais les cravates cest juste pour avoir l air chic quand on arrive. Elles iront vite dans le vestiaire. Ici on est entre amis pas de chichi.
Alors le repas se déroule avec des exclamations de joie. On raconte des blagues et, entre les plats, on esquisse quelques pas de danse
Minuit arrive presque trop vite. Alors cest ensemble que lon fait le décompte des dernières secondes de lannée et quand résonnent les coups de minuit, on sembrasse, on se souhaite plein de choses. Surtout une bonne santé ! Cest important une bonne santé ! Vous savez, vous avez beau être riche, sans la santé, vous ne profitez de rien.
Mais jallais oublier lessentiel : les pétards ! Alors on ouvre tout grand les fenêtres et lon balance les pétards dans la cour. Et ça pètent ces trucs-là, on irait des coups de canon.
Vous savez doù nous vient cette tradition ?
Tout simplement pour faire peur aux mauvais esprits afin quils ne nous suivent pas dans la nouvelle année.
Alors on parle aussi des projets, des résolutions qui seront vite oubliées.
Le gramophone joue disques après disque et lon danse. Certains en profitent pour faire sentir à leur cavalière quelle ne leur est pas indifférente.
Et cest dans le bonheur et les cris de joie que ségrainent les premières heures de la nouvelle année.
Le lendemain matin, cest-à-dire le premier jour de lan cest la tradition des « bratzala ». Ces gâteaux sont en forme de bretzel, cest-à-dire en forme de nud, font désormais partie des us et coutumes. On mange un bretzel sucré au petit-déjeuner du jour de lan, sans oublier den offrir un à tous ceux que lon aime.
Et lon trempe les tranches de bretzel beurrées qui dans le café qui dans le cacao du petit matin.
Le lendemain, la vie reprend. Mais je dirais que le lendemain nest pas un jour comme tous les autres. Tout dabord il convient de présenter ses vux à toutes les personnes que lon rencontre, mais le lendemain cest également le jour où les commerçants vous remercient de votre fidélité.
Alors le boucher vous offre un rond de saucisse. Le boulanger vous rajoute un petit pain au lait, lépicier vous donne un paquet de café.
Des gestes simples, mais qui démontrent bien que la vie est une question de solidarité.
Ce jour-là, Guschti faisait immanquablement le tour de tous les commerçants. Entendez par là, même ceux chez lesquels il nentrait jamais.
Alors, il poussait la porte en déclaration bien fort a gustes Neijohr » -une bonne année, et comme le commerçant ne le reconnaissait pas, Guschti disait :
« Was macht dr Papa.
Que devient votre père ? »
Et le commerçant pris dun doute, lui offrait quand même le cadeau quil réservait à ses clients fidèles.
Et Guschti sortait du magasin hilare, fier davoir réussi à son numéro de client fidèle.
Voilà, le passage de lannée
Dr Rutsch ins Neijahr
La glissade dans la nouvelle année comme disent nous cousins de lautre côté du Rhin est un événement qui revient malheureusement trop vite au fur et à mesure que lon prend de lâge.
Vieillir est une chose difficile, mais cest encore la seule façon que l on ait trouvée pour durer un peu plus longtemps.
Bonne année à tous.
à suivre
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|